Maman épanouie / Ado épanoui

Vivre en harmonie avec ses ados, c’est possible !

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Je suis de plus en plus étonnée du nombre de parents qui s’investissent pour leurs petits à l’école primaire, qui filent regarder des groupes Facebook pour s’inspirer, trouver des idées pour les élever, les nourrir intellectuellement et j’en passe, et du vide sidéral soudain lorsque ces mêmes parents arrivent à l’adolescence de leurs enfants. Le lundi, je pose souvent la question aux ados avec qui je travaille de ce qu’ils ont fait le week-end… la réponse varie rarement : séries sur Netflix ou jeux vidéos. Parfois, j’ai des réponses interessantes, dont le contenu est stimulant et je me rends alors compte que tout dépend du lien entretenu avec les parents. Ce lien, souvent si difficile à créer ou maintenir à l’âge de l’adolescence et pourtant si précieux !


Parce que clairement, le bonheur de nos ados et du notre en tant que parents dépend de ce lien. J’irais même plus loin en disant que le bonheur de nos ados dépend du nôtre et inversement.
Nous sommes donc liés ! Attention, mon but n’est pas de culpabiliser qui que ce soit ou de critiquer les parents qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. Moi la première !
Je souhaite justement mettre en avant le manque d’accompagnement qui existe pour ces parents d’ados qui font soudain face à une poussée de « je souhaite mon indépendance » tout en faisant face à « j’ai encore besoin de toi ». Quels outils ont-ils pour continuer à maintenir ce lien qui ne se fait plus en jouant au Playmobil, en lisant Tchoupi ou en allant à parc de jeux du coin ?
Sur internet, les sites sont nombreux en ce qui concerne les jeunes enfants mais beaucoup plus
rares pour l’adolescence.


Et pourtant, il est tellement fondamental ce lien ! Moi qui suis entourée d’ados H24, ils me le disent qu’ils manquent de repères, de contacts physiques (oui, même si ils vous dépassent d’une tête, ils ont encore besoin de câlins … mais pas devant les copains ;-) , de moments de partage avec vous en terme de dialogue, de jeux, d’activités, de découvertes. Parce que même si certains pensent
que c’est « l’âge con », moi je peux vous dire qu’ils raisonnent beaucoup - mais ils raisonnent cachés ou se dévoilent lorsqu’ils se sentent totalement en confiance. Mais alors de quoi parle-ton avec un ado pour qu’il ne lâche pas au bout d’une minute? A quoi
joue-t-on avec lui si le Monopoly n’a plus de succès ? Qu’écoute-ton en voiture avec un ado pour pas nous traiter de ringard(e) ? Il y a encore tant d’autres questions de ce style et peu de réponses… Pourtant, il y a des réponses car il y a des solutions pour retrouver le lien avec ses ados. C’est recréer ce lien qui me passionne à travers les rendez-vous virtuels que je propose. Alors me direz-vous, « mon ado ne s’intéresse à rien ». Oui, c’est vrai, au premier abord, cela donne cette impression. Impression que seuls les séries Netflix ou jeux intéressent. Mais pour commencer à recréer du lien, il serait intéressant de savoir pourquoi telle série ou tel jeu les intéresse … Une série n’intéresse pas juste parce que c’est un écran mais parce que cela fait écho à quelque chose chez eux. Peut-être même que regarder cette série ensemble créerait une complicité et des dialogues dont vous n’avez pas idée (je parle par expérience). De plus, cette impression qu’ils ne s’intéressent à rien cache bien souvent un manque de confiance énorme avec une peur de sortir de sa zone de confort, d’aller vers l’inconnu, de ne pas être à la hauteur. Mais comme l’ado a honte de ce sentiment de faiblesse et le rejette, il vous envoie balader vous faisant sentir « has been ».


Un exemple qui me vient en tête : celui des échecs. Je ne parle pas de l’antonyme de la réussite mais bien du jeu avec les pions ;-)
Au collège et lycée alternatifs dont je suis la directrice ( https://college-alternatif-saintes.fr/college/ ), nous avons introduit ce jeu. La première heure, seuls deux ados y jouaient. Les autres regardaient d’un coin de l’oeil. Un des deux ados leur a proposé de se joindre à eux mais la réponse fut unanime « ah non non je ne sais pas jouer, je suis nul moi !». Bam, on y est ! La peur de sortir de sa zone de confort, le manque de confiance, la peur de l’échec avant même d’avoir essayé.


Heureusement, au collège, on travaille sur tout ça et très vite, les premiers ados ont pu transmettre les règles aux « débutants » qui ont peu à peu progressé et même super bien progressé ! Tout le monde y a pris beaucoup de plaisir et c’était juste formidable de les voir jouer ! La moitié du collège s’est mise les échecs… Pourquoi je vous raconte cette histoire? Parce qu’elle illustre plusieurs points :
Les ados ont peur de l’inconnu avec une peur bleue de l’échec. Bien plus que lorsqu’ils étaient plus jeunes car ils sont en construction de leur identité - sans parler d’une histoire passée parfois compliquée (harcèlement, dévalorisation etc). Il faut donc travailler sur leurs réussites pour leur « prouver » qu’ils en ont (et bien s’appuyer dessus quand vous les sentez craintifs d’aborder une nouvelle chose) . Un cahier de réussites peut être un bon moyen. Si votre ado n’aime pas écrire, vous pouvez noter toutes ses réussites sur des bouts de papiers que vous mettrez ensuite dans un bocal qui sera ouvert à un moment T (anniversaire, Noël etc). Plus votre ado grandira et plus le
bocal sera rempli, ce qui est assez valorisant et fonctionne en cercle vertueux pour le cerveau qui se dit « si j’ai été capable de réussir ça malgré ma peur, je suis capable de réussir ce nouveau truc ». Avec ma fille, je tenais un petit carnet (on adore les jolis carnets) que l’on se passait entre nous avec des compliments, des félicitations, réussites, petits mots tendres, confessions… Pas tous les jours hein mais dès qu’une envie nous venait en tête, un petit mot doux à découvrir comme un cadeau, hop, on se le passait et ça faisait du bien au coeur et à l’estime de soi. Autre idée : le soir au diner, se dire son moment de gratitude de la journée (ou de réussite). Mettre en
avant les choses positives forme le cerveau à les voir de plus en plus au quotidien Dans cette histoire, notez que l’on n’a pas dit aux ados débutants « je vais vous apprendre à jouer », ce qui les auraient certainement braqués car ils se seraient sentis « obligés de » . Un ado,
par essence, n’aime pas qu’on lui impose les choses. D’ailleurs, en éducation, votre plus grande force sera de lui permettre de construire ses propres règles / sanctions (je n’ai pas dit punition mais sanction. En communication. positive, ce sont deux choses différentes mais c’est un autre sujet…

 

Vous seriez surpris de la dureté de certains ados envers eux en ce qui concerne les sanctions si ils ne respectent pas telle ou telle règle)… Pour en revenir à notre sujet, le mieux pour ouvrir un ado à une nouvelle chose n’est pas de lui imposer mais … de le faire vous-même et de lui partager la joie que cela vous apporte - non pas pour le convaincre mais parce que vous êtes convaincue vous même et que vous avez cette envie (de vie) et de partage. Combien de fois me suis-je assise sans rien dire en faisant mon activité, en disant à haute voix à moi-même « ah mais c’est génial! » et que mon ado (ou un ado du collège) me dise « oh ben tu fais quoi? » Et là je
partais dans une joie, un dynamisme, un enthousiasme à lui parler de ma découverte / apprentissage du moment … Et ben vous savez quoi? La passion avec laquelle j’en parlais les incitait en général à vouloir essayer de leur propre gré ! Cela ne vous est jamais arrivé d’avoir un ami qui vient un soir diner chez vous, vous raconter avec enthousiasme le dernier film qu’il a vu et
qu’il a adoré? Le dernier livre ? activité? Vous n’avez pas eu envie de le voir / lire / faire vous aussi ? C’est ainsi que j’ai pu mettre mes enfants au piano, aux échecs, à la corde à sauter, au développement personnel, au montage de vidéos, au vélo, à voyager, au minimalisme (ma fille plie comme Marie Kondo!), au zéro déchet, à lire certains livres, voir certains films et j’en passe. Ce ne
sont que quelques exemples.


En découvrant de nouvelles choses, ils pourront alors se découvrir et découvrir leur identité, leur
potentiel et leur rêve futur.
Ce qui m’amène à mon dernier point : si vous voulez transmettre l’enthousiasme, il faut l’incarner avant tout ! J’ai mis longtemps à comprendre que le bonheur de nos ados passait par le notre. Ce qui implique de prendre soin de soi, d’apprendre, grandir, ne pas négliger la femme qui se cache (parfois trop) derrière la maman. Ce qui implique aussi de respecter vos besoins et de savoir communiquer harmonieusement avec votre ado. S’épanouir en tant que femme nous aide à épanouir la super maman que nous sommes … que vous êtes ! La relation en est alors simplifiée, plus sereine même si clairement, il y a aussi des outils en pédagogie positive essentiels à connaître.
C’est pour partager sur ce sujet que j’ai crée le groupe Facebook « maman épanouie, ado épanoui (https://www.facebook.com/groups/403295137182857 ) Il est récent et ne demande qu’à
se développer mais je souhaite y poster mes trucs de maman épanouie, Directrice de collège et
lycée alternatifs et experte passionnée en développement personnel.


Alors Oui, je crois à une relation harmonieuse entre un ado et ses parents ! Je crois fermement - pour le vivre - qu’il peut y avoir des discussions passionnantes, des activités à partager et des moments de complicité. A l’inverse, je ne crois pas à la crise d’adolescence ou à « l’âge con » si l’ado se sent respecté dans son individualité, pour ce qu’il est et surtout, si il est responsabilisé
(d’ailleurs, la crise d’ado n’existe qu’en occident … à méditer). Faisons confiance à nos ados et ouvrons le dialogue - même si cela doit passer par les nouvelles technologies. Par exemple, je discute beaucoup avec mon fils de 16 ans depuis toujours. Actuellement, pour partager nos découvertes (musicales et scientifiques - les deux thèmes du moment), il m’a créé un compte Discord (appli disponible sur tel) où nous pouvons échanger les liens vidéo de nos chanteurs, des liens de débats scientifiques ou nous envoyer des petits mots, commentaires. Je peux le chambrer, plaisanter sur un sujet… et nous en reparlons à table le soir. 

C’est aussi ça être parent d’un ado… c’est s’adapter à son monde pour qu’il vienne dans le notre…
Je pourrais parler pendant des heures de ce sujet - la relation complice possible avec son ado…mais je terminerai sur cette citation de

 

                                                              Marcel Proust dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs
                                                        " l'adolescence est le seul temps où l'on ait appris quelque chose.”


Alors apprenons de nos ados, revenez à vos rêves de jeunesse, à cet enthousiasme enfantin, partage-le, vibrez à nouveau et en rayonnant, vous recréerez une relation extraordinaire avec votre ado 

Noëlle Peléton Oréac
Tel : 0612211486